Une femme exemplaire
La ministre des transports, Elisabeth Borne, est une femme exemplaire, au premier sens du terme. Elle a la lourde charge de réformer la SNCF, où une poignée de cheminots pourris de privilèges règnent en terreur. Mais Elisabeth Borne ne supporte pas l’injustice, elle qui a accumulé les petits boulots mal payés tout au long de sa carrière difficile et chaotique.
Alors d’accord, on nous dira que les cheminots ont des horaires décalés, qu’ils travaillent souvent les week-ends, qu’ils se lèvent parfois très tôt, oui, bon, bref. Ils bénéficient d’avantages exorbitants. Lesquels ? Un opérateur de maintenance, avec 8 ans d’ancienneté, gagne 1 297,97 € net, un agent administratif gagne 1 690,91 € net, après 18 ans d’ancienneté et un conducteur de train touche 1 895,58 € net (avec 4 ans d’ancienneté).
C’est inadmissible, évidemment. C’est pourquoi il est bien compréhensible que la ministre réagisse à cela. Rappelons que Elisabeth Borne, lorsqu’elle n’était que simple petite Directrice générale de la RATP, un des petits jobs peu flatteurs qu’elle a dû assumer pour survivre, devait se contenter d’un salaire mensuel de 26 955 € (en 2016). Autant dire que la galère des fins de mois difficiles, la précarité, tout ça, elle en connaît un bout. Car les petits boulots, elle les a enchaînés : Directrice de la stratégie de la SNCF (2002 à 2007), Directrice des concessions pour Eiffage (2007), Directrice générale de l’urbanisme à la mairie de Paris (2008 à 2013), Directrice générale de la RATP (2015 à 2016).
Aujourd’hui, en tant que ministre, elle doit se serrer encore plus la ceinture, avec un maigre salaire de 9 940,20 € bruts mensuels. Certes, en tant que ministre, Elisabeth Borne dispose d’une voiture avec chauffeur, d’un logement de fonction, des déplacements en train gratuits, du téléphone gratuit et d’un certain nombre de déplacements aériens gratuits. Mais, est-ce une raison pour accepter que les cheminots ne payent pas le train non plus ? Non, bien sûr.
Elisabeth Borne nous montre l’exemple. C’est une femme volontaire et engagée. Espérons qu’elle ne se laissera pas attendrir par les grévistes et leurs revendications outrancières, eux qui s’acharnent à vouloir conserver des privilèges dépassés. Un peu de dignité, messieurs les cheminots ! Avec vos mouvements de protestations pour votre soit-disant survie, vous empêchez des ministres comme Elisabeth Borne de profiter du train gratuitement.

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